Construire 

transcription

 

 

[musique intro]

 

Bienvenue, vous écoutez Habiter : des histoires de rencontres qui parlent d'habitudes et d’environnements, une série de podcast en 6 épisodes. Moi c’est Anaëlle. Moi c’est Suzon. 

 

Tout commence en mars 2021, on entreprend une itinérance en France pour collecter la voix et les visions de celles et ceux qui réfléchissent et font différemment… qui ont d’autres manières d’habiter la Terre.  

Bonne écoute ! 

 

[musique]

C’est quelque chose qu’on fait sans même y penser mais si on y réfléchit un peu…. ça veut dire quoi habiter ? Comment habitons-nous ? Avec qui et pourquoi ? 

Quel modèle avons-nous de ce que peut vouloir dire habiter ? 

Comment construire, ou plutôt co-construire des espaces de vie plus en liens, plus justes, plus écologiques ? 

On se pose la question de l’ancrage et de l’habiter avec Clément et Marie-Hélène. 

A Fontaine Daniel, un petit village en Mayenne, on demande à Marie-Hélène ce que ça signifie habiter : 

 

[Marie-Hélène :] Habiter euh… c’est être… c’est évidemment euh… enfin non on ne peut pas en parler comme ça… Habiter… Et vous quand vous êtes là, est-ce que vous habitez là ou pas ? Est-ce que vous vous êtes habitantes ? Est-ce qu’habiter c’est pas tous les endroits où on se trouve ? Sauf qu’après c’est une histoire de temps ? … Est-ce qu’il ne faut pas simplement aimer l’endroit où on est pour l’habiter, aussi ? Est-ce que ce n’est pas ça habiter quelque part ? Aimer quelque chose ça veut dire qu’on en prend soin, qu’on est bienveillant, alors habiter à un endroit… C’est sans doute ce que je disais quand je parlais de la brochure: moi ici je me sens à la fois étrangère et puis d’abord je crois que je me suis jamais assise sur ce caillou donc évidemment j’ai l’impression d’être dans un autre pays et puis presque je peux dire que je suis chez moi… Donc c’est un espèce de truc un peu sensible comme ça. 

 

Clément vit dans le Quartier Libre des Lentillères, une zone à défendre, ou ZAD, en périphérie de Dijon. Des jardins partagés et des habitations individuelles et collectives composent le paysage. On circule dans le quartier par des petits sentiers dessinés par les pas des habitantes et des habitants.

 

[Clément :] Pour ce qui est de la notion d’ancrage… de fait habiter vous savez la notion d’habiter est hyper importante. Voyez, on partage nos vies avec mon voisinage, on a une vie de village comme certains villages l’étaient. On retrouve en fait des formes de cohabitation, d’intérêts, de promiscuité et de proximité donc on se sent attaché aux uns, on est affecté par la présence des uns et des autres. Les caravanes sont les unes à côtés des autres donc ça permet une forme de verrouillage affectif très fort, on est attaché à ce lieu-là. Plus qu’on ne le serait dans un petit appartement standardisé avec des appartements distribués dans lesquels les intérieurs sont d’ailleurs très incarnés, très personnifiés, dans lequel se déploie tout l’univers de la personne, toute son identité, toute sa maison avec les objets qu’il agence et qu’il voit au quotidien et qui ne cessent de résonner en lui en tant que c’est son quotidien, c’est lui qu’il l’a créé et que ça l’ancre. Eh bien nous c’est ça sauf que tout est superposés c’est une forme de… on communise en fait.

 

La Maison de Courcelles, un établissement d’accueil pour les colos et les classes découverte est dans cet esprit. C’est Louis, le directeur, qui nous la fait découvrir. Les enfants ne l’investissent pas en continu, mais les bénévoles et les personnes qui y travaillent si. La maison regroupe alors plusieurs composantes pour devenir un espace d’échanges et de circulations plurielles, dans une logique d’autonomie collective. L’association accueille un boulanger, un maraîcher, une apicultrice sur place. Au cours de notre visite, Louis nous explique l’installation du fournil à la Maison de Courcelles.

 

[Louis :] Et ça l’asso’ a totalement financé la totalité, on a refait le four, on l’a agrandi, on a créé ce laboratoire, équipé. On a pu avoir des financements publics mais c’est l’asso’ qui le porte, qui lui met à disposition gratuitement et nous on lui achète son pain au prix qu’il le vend à tout le monde. Il n’y avait pas une volonté de créer un lien pas clair entre « ben, on te finance ton truc donc tu nous files du pain gratos » ou… Non, on voulait vraiment que si c’était un soutien c’était un réel soutien et pas quelque chose de déguisé. Comme ça lui derrière en plus ça lui permet de faire un pain qui ne, le prix du pain ne supporte pas l’investissement puisqu’il n’a pas eu à le faire. C’est un pain qui est socialement, accessible à tous, enfin, financièrement accessible à tous donc c’était plutôt intéressant. 

 

Un peu plus loin, Louis nous montre les ruches et comment la maison fonctionne avec l’apicultrice, Cécile. 

 

[Suzon :] Et donc Cécile elle est du coin ? [Louis :] Alors Cécile elle habite à une vingtaine de kilomètres et pareil la rencontre ça a été dans le projet alimentaire, on l’a rencontrée, elle a pu nous dire, ben elle s’installait, elle a pu nous dire « votre Lune de miel là, le miel pfff, avec…, c’est de la merde, achetez mon miel. » Et puis après on lui a dit « mais nous on aimerait mettre une ruche dans le parc » elle a dit ben « ouais » puis après « est-ce que tu veux nous former ? » « ouais ». Puis après de fil en aiguille on s’est aperçus qu’on pouvait l’accompagner pour qu’elle puisse mettre en place des formations pour accompagner les apiculteurs amateurs. Après elle a demandé si elle pouvait utiliser la cuisine pour faire ses pains d’épices, ses bonbons, pareil on lui met à disposition gratuitement la cuisine, puis maintenant elle est salariée. Voilà, elle est à 10 heures semaine où l’idée c’est de la soutenir financièrement dans les projets d’ingénierie autour du Conservatoire de l’abeille noire, ou les formations, voilà, pour qu’elle se rémunère aussi sur ce qu’elle ne peut pas habituellement, elle se rémunère juste en vendant du miel quoi. 

 

Même logique avec le maraîcher, il est salarié à temps partiel de la maison de Courcelles, il collabore avec les enfants sur le jardin, il approvisionne la cuisine en légumes. 

 

[musique]

 

Quand on voit la politique de la Maison de Courcelles ou encore les modes de vie rendus possibles par les zones à défendre comme le Quartier Libre des Lentillères, on se dit qu’on est plusieurs à croire que ce sont les intelligences collectives qui vont nous permettre de faire face aux défis posés par la situation écologique, qui sont à la fois sociaux, pédagogiques, scientifiques, etc. Pour y répondre, il n'y a pas d'autre choix que d'imaginer et de mettre en œuvre des manières plus saines d'habiter la Terre.

 

Martine vit à Fontaine Daniel. 

 

[Martine :] On était au courant. Et là c’est vrai, même si je me suis appliquée dans ma vie à être le plus « propre », ma génération a laissé faire. Enfin à laissé faire… On a cru comme nos parents au progrès et au « bon allez c’est pas pour tout de suite quoi ». Notre insouciance aujourd’hui vous allez la payer et vous la payez déjà chère…Enfin, c’est pas simple. Mais en même temps ça vous donne aussi, peut-être, la voie d’une plus grande sagesse, me semble-t-il, mais bon… je ne sais pas. 

 

Martine est membre des Amis de Fontaine Daniel, une association qui entend valoriser le patrimoine du village. On lui a demandé pourquoi ce village était important pour elle : 

 

[Martine :] Parce que c’est un lieu exceptionnel. Tellement à la fois hors du temps et dans le temps c’est-à-dire que… Ce qui a été possible au XIIIe et au XIXe aujourd’hui c’est encore une nouvelle métamorphose, me semble-t-il, possible. Peut-être la construction d’un monde meilleur ? Et avec mes petites mains et mes petits moyens j’essaie d’y participer parce que ce lieu me tient à cœur. J’y ai construit beaucoup de choses, au sens littéral comme au…. Fontaine-Daniel est un lieu d’exception. Vraiment.

 

Au cours de notre itinérance, on a rencontré les membres de l’association Hameaux Légers. Le but de l'association est de démocratiser l’accès à des habitats légers et des modes de vie durables et solidaires. Les habitats légers, ou réversibles, c’est une appellation qui regroupe en fait plein de formes d’habitations qui ont pour points communs d’être légères (souvent sans fondation), petites, potentiellement démontables et ou déplaçables, réalisables soi-même à faible coût.

On a été très touchées par leur démarche, ils et elles se posent plein de questions autour de l’écologie et des enjeux sociaux qui s’y rapportent. 

Clémence pose, au cours de notre entretien, la question de l’accessibilité financière des habitats légers.

 

[Clémence :] On s’est dit, et on se l’est dit dès notre voyage, que y’avait quand même un nœud important sur l’aspect accessibilité financière. Et c’est vrai que voilà, pendant notre voyage on a été pas mal confrontés au fait que des écovillages ne sont pas des communautés fermées en soi, et que la plupart des personnes qui portent ce genre de projets ont envie que ce soit des projets les plus ouverts possible, mais dans les faits, ben en général des CSP+, blancs - alors, qu’ont plus forcément des professions cadre sup’ et des professions très intellectuelles - mais qui ont fait le choix en fait d’avoir moins de revenus, voilà c’est pas du tout quelque chose de subi. Et oui quand même y’a quelque, enfin, y’a pas grand monde, pour reprendre des termes qui sont vachement à la mode, y’a pas grand monde issu de la diversité, pour ce que ça veut dire… Mais, ouais… Moi après un an d’enseignement en banlieue parisienne en éducation prioritaire, je me disais juste en fait, « mes élèves ça leur sera jamais… » Enfin, c’est pas que ça leur sera jamais possible d’y accéder. C’est que déjà, ils savent pas que ça existe, s’ils savent que ça existe ça leur semble absolument pas désirable et quand bien même ils voudraient y aller, je vois pas comment ça serait possible. Donc le chemin, la déconnection elle est totale et en fait pour moi c’est hyper important d’œuvrer à davantage de lien et pas du tout, et justement, pas d’essayer de multiplier les niches et les petites bulles dans lesquelles soi-même on se sent bien, mais, mais où on est peu. 

 

Mais comme elle l’explique, la question de l'accessibilité n’est pas qu’économique. 

 

[Clémence :] Et euh, et on se rend compte qu’avec tout le bagage culturel qu’on a, tout le bagage social aussi et, et une certaine facilité à comprendre des documents réglementaires, enfin, voilà, on est certains à avoir des rudiments en droit. Ben malgré ça, c’est quand même un truc qui est super complexe. Et donc en fait de se dire « ouais, ok, y’a l’argent, mais aussi tout le temps que ça demande et les compétences. » Et ça, ce n’est pas possible pour tout le monde quoi. Donc finalement la problématique de l’accessibilité elle est bien plus vaste que ça. Et là en ce moment au sein d’Hameaux Légers on se pose beaucoup de questions sur comment est-ce qu’on accompagne globalement sur tous ces volets-là d’un projet et de se demander si ce qui nous apparaissait comme une solution notamment l’habitat réversible eh bien l’est vraiment. 

 

Cette problématique de l’accessibilité, on se l’est posée avec Clémence à une autre échelle : créer des hameaux légers autonomes, ce n’est pas applicable à l’ensemble de la population. 

Le désir de se mettre au vert en s’installant à la campagne par exemple, n’est pas forcément la meilleure option d’un point de vue écologique : l’étalement urbain augmente la consommation d’énergie, la pollution de l’air par l’usage de la voiture etc. En plus, changer l'usage des sols pour y construire des habitats peut être une perte en termes de biodiversité. 

Il faudrait peut-être plutôt tendre vers une densification des villes. Avec des projets urbains éthiques et écolo !

 

[musique]

 

À Simone, un tiers-lieu rural en Haute-Marne, on retrouve les questions du mieux vivre ensemble et de l’enrichissement des liens sous forme d’expérimentations de terrain. Il existe aujourd’hui beaucoup de tiers-lieux et les approches sont diverses. Le principe des tiers-lieux c’est de construire des espaces de vie sociale et de communautés qui soient complémentaires de la maison et du travail. 

Simone, c’est un tiers-lieu artistique où plusieurs publics et activités se croisent et s’entrecroisent. 

 

On a demandé à Lidwine, membre active et bénévole de Simone, de nous expliquer pourquoi des lieux comme celui-ci étaient importants pour elle: 

 

[Lidwine :] c’est très vaste bien sûr et… c’est simple. C’est vraiment ces formes d’émergence, création de liens, frottage d'allumettes, étincelles, feux, feux d’artifice. Et j’aime beaucoup aussi, enfin il y a quelque chose pour moi de très important dans ces lieux qui est l’absence de hiérarchie. Notamment entre l’art, la culture et d’autres pratiques en fait. Moi j’aimais beaucoup dire qu'ici effectivement c’est très intéressant de venir au marché et d’apprendre qu’il y a une sortie de résidences et que vous pouvez aller voir des artistes mais tout aussi important de venir voir des artistes et d’apprendre qu’il y a un marché. C'est-à-dire qu’il y a une manière de vases communicants, en tout cas il y ce désir de ne pas reconduire des hiérarchies entre pratiques, ou entre champs ou entre humains et non-humains. Ça on voit qu’il y a quelque chose qui se travaille. Et ce qui est très intéressant c’est que ça se travaille du terrain. Enfin c’est concret, c’est lieu aussi c’est des lieux où ça s’expérimente et oui parfois on se plante, parfois on reconduit quand même des choses, on n’est pas exempt de tout ça mais en tout cas ça s’expérimente, ça se travaille, c’est la pratique. C’est vraiment quelque chose de cette ordre. On n’est pas dans l’application de principe descendant quoi. 

 

Comme on l’a déjà dit, il existe une grande diversité de tiers- lieux. En principe, chacun répond à des besoins et des envies à l’échelle locale. Puisqu’ils offrent des espaces intéressants en termes de citoyenneté et de démocratie, ils peuvent parfois faire l’objet de récupération politique. Élise tient l’Épicerie de Fontaine-Daniel, comme on l’a rencontrée dehors pendant sa pause déjeuner, le son est pas terrible. Elle nous a également parlé de ce risque de récupération.

 

[Elise :]

Et c’est ça, nous on a vraiment monté un projet qui correspond au village et peut-être que ça ne marcherait pas dans un autre village. Et puis… c’est aussi notre manière de communiquer avec les habitants, avec les gens qui viennent ici, c’est un tout elle a raison Elo là. Tu vois là y a les élections régionales et départementales, c’est le défilé là, ils viennent tous. Alors on ne les voit jamais hein, pendant 6-5 ans on ne les voit pas et puis là quand ça y est ils veulent savoir ce qui se passe sur le territoire ils rappliquent tous et il faut tous leur donner du temps tu vois. Et t’as envie de leur dire mais vous n’êtes même pas client, vous n’êtes même pas venu une seule fois, vous ne venez même pas au concert, pourquoi je vous donnerais du temps ? À un moment donné c’est facile de se donner une image. Parce que c’est la mode maintenant. Les bars associatifs, les tiers-lieux tout ça c’est la belle image. Mais c’est insupportable. 

 

[musique]

 

Construire vient du latin cum et struere. Le premier signifie entre autres « commun » et « avec » et le second « assembler, entasser, bâtir »… Donc il y a dans le sens même de « construire » l’idée de relier. Nous on pense à mettre ensemble des matériaux, mais aussi des êtres. On donne à ce mot un sens matériel et un sens relationnel. 

 

Si on veut construire un monde meilleur, il nous faut peut-être passer par la création de nouveaux espaces et de nouvelles manières d’entrer en relation. La ré-appropriation des espaces de vie, des espaces communs offre la possibilité à des communautés d’apprentissage de se créer. Pour partager des compétences et des connaissances autour de la construction par exemple. Les chantiers participatifs sont un bon exemple d’émergence d’intelligence collective et de communisation de savoirs. C’est ce que nous explique Paloma, sur le Quartier Libre des Lentillères. Quand on la rencontre, elle est justement en train de construire sa maison. 

On a échangé en espagnol, mais on vous résume juste après.

 

[Paloma :] Y todavía no pasó mucho, pero cuando hago invitaciones para chantier collectif aclaro que yo no tengo ciertos conocimientos y qué me gustaría. El año pasado la gente que vino tenía menos experiencia que yo, excepto Max, una amiga que me enseño a hacer una cosa de menuiserie que yo no sabía, pero en general en este chantier la gente que viene tiene menos experiencia. No me molesta, es así, pero me gustaría a veces que sea diferente. Creo que para abril va a venir gente que tiene mucho más experiencia en la construcción que yo, y me interesa ver cómo pasa, porque es mi proyecto, yo tengo la idea, yo estudié la cosa, pero obviamente puedo escuchar. Tengo ganas de ver cómo cambia eso.

 

Ce que Paloma dit, c’est qu’elle organise des chantiers collectifs dans lesquels elle ne se place pas comme experte. Elle dit ce qu’elle veut faire et voilà. Elle dit que souvent les gens qui viennent participer sur les chantiers sont moins expérimentés qu’elle, qu’ils et elles viennent pour apprendre mais que celleux qui ont des compétences oublient parfois de transmettre. Pour son chantier en avril, elle sait qu'il y aura des gens avec plus d’expérience qu’elle et elle a hâte d’écouter leurs propositions et de voir comment ça peut faire évoluer ses idées. 

 

Quand on était au Quartier Libre des Lentillères, on a pu participer pendant une journée à un chantier en mixité choisie, dans un autre lieu à Dijon. Le chantier était pensé sur une semaine et le but était de travailler à la construction d’une brasserie. La mixité choisie (ou la non-mixité) consiste à se réserver des temps et des espaces où se rassemblent des personnes qui appartiennent à des groupes sociaux opprimés. Ici, le chantier de la brasserie s’est fait sans hommes cisgenre, mais il peut aussi y avoir des rencontres en non-mixité entre personnes racisées ou queer par exemple. L’intérêt, c’est de pouvoir être dans ces espaces sans se sentir opprimé·e justement, ce qui est plutôt profitable quand on se retrouve pour apprendre. 

C’est difficile à expliquer mais quand on le vit ça change vraiment quelque chose !

 

Les chantiers participatifs offrent donc des espaces pour forger des connaissances collectives sur la construction. 

L’association Hameaux Légers a récemment créé un MOOC, dans lequel tous les aspects de l’installation en habitat léger sont abordés : auto-construction, terrain, législation, etc. Les MOOCs c’est des cours en ligne accessibles à toutes et à tous, on vous met celui de Hameaux Légers en description, il est gratuit. On a demandé à Clémence ce qui les avait motivé·es à proposer ce format et d’où venait l’idée : 

 

[Clémence :] Alors, l'idée du MOOC en fait, le MOOC c’est une solution parmi plein de solutions possibles. Pour répondre à plusieurs choses. D’une part c’est une solution de diffusion des connaissances et des compétences acquises par Hameaux Légers et pas uniquement en fait, acquises par des acteurs qui sont investis autour de l’habitat réversible. Et en fait l’envie d’organiser et de structurer ces connaissances et ces compétences et de faire en sorte qu’il y ait une interface, un lieu, un moyen, de trouver l’ensemble de ces informations de manière claire et fiable. Parce que mener un projet d’habitat réversible aujourd’hui c’est beaucoup, beaucoup, de recherche souvent et c’est beaucoup de sources différentes avec parfois des informations contradictoires, des informations qui ne sont pas toujours complètes ou à jour. Donc là c’était l’envie de faire, de mettre à disposition, l’ensemble de ces connaissances et de ces compétences. 

 

Clémence nous a aussi expliqué comment la création d’un MOOC était complémentaire des autres démarches de l’association.

 

[Clémence :] Et à Hameaux Légers comme on a fait le choix de, de, d’accompagner ou, comme on croit que notre résilience sera avant tout collective, on a fait le choix d’accompagner en priorité des projets qui étaient collectifs et du coup c’est vrai qu’on se retrouvait confrontés à plein de demandes individuelles qui étaient hyper pertinentes mais auxquelles on avait pas forcément le temps de répondre. Donc voilà, on a eu cette volonté-là de trouver un moyen de répondre à ce besoin. Et quand je dis « on »  c’est Hameaux Légers et pas seulement, c’est Hameaux Légers et d’autres acteurs et d’autres actrices qui ont un peu fondé la Fédération de l’habitat réversible l’été dernier. Donc quand il y a eu la première rencontre en août, de la Fédération de l’habitat réversible, le MOOC a été un peu identifié comme un projet clé pour permettre justement la diffusion de ces connaissances et compétences. Et derrière ça, enfin derrière, du moins en plus, moi j’ajouterais que ce qui nous a fait choisir le format du MOOC plutôt que le format d’un site internet, et pendant longtemps on a cru qu’il y aurait un truc qui s’appellerait le « Portail numérique de l’habitat réversible », et en fait du Portail numérique de l’habitat réversible on est passés au MOOC parce qu’on avait l’envie de former une communauté. Parce qu’on avait l’envie de rassembler en fait les porteuses et porteurs de projets. Toutes ces personnes-là. Parce que c’est quelque chose, encore une fois, un parcours dans lequel on peut se sentir très seul, c’est une aventure dans laquelle il est pas forcément évident de se sentir entraidé ou soutenu. Et donc voilà, c’était, c’est pour ça qu’on s’est dit que le MOOC c’était un moyen de… En fait, en créant une sorte d'événement, même s’il est numérique, c’était un moyen de faire exister cette communauté. 

 

[musique]

 

Pour répondre à l’écocide en cours, on a besoin de construire des espaces de vie et d’habiter multiples. Il existe plein de possibilités à explorer pour mieux vivre ensemble, ici on en a simplement évoqué quelques-unes. Comme Clémence on croit que si résilience il y a, elle sera avant tout collective. C’est pourquoi dans le prochain épisode, on s'intéressera un peu plus à la vie collective. 

 

[musique outro] 

Vous venez d’écouter l’épisode Construire du podcast Habiter

Les extraits viennent d’entretiens menés par Anaëlle et Suzon avec Marie-Hélène, Clément, Louis, Martine, Clémence, Lidwine, Elise et Paloma.

Sélection des extraits et montage par Suzon, Script par Anaëlle et Suzon. 

La musique a été composée par Quentin Pancher. 

C’est Anaëlle qui a fait la voix off. 

Merci pour votre écoute. 

 

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